Sens
Anja Hilling
L’ARCHE – agence théâtrale
Le lire
Distribution
Texte : Anja Hilling
Éditions : L’ARCHE – agence théâtrale
Traduction : Silvia Berutti-Ronelt en collaboration avec Jean-Claude Berutti
Mise scène : Laurent Crovella
Scénographie et costumes : Sabine Siegwalt
Espace sonore et musical : Olivier Fuchs
Lumières et régie générale : Fred Goetz
Graphisme : Romain Salvati
Jeu : Julia Baudet, Mathias Bentahar, Gaspard Liberelle et Cécile Mourier
Administration/Production : Loïse Corsini
Production
Les Méridiens
Co-production
Espace-Rohan – Théâtre de Saverne
Espace 110 – Scène conventionnée d’Illzach
En cours
Soutiens
La Compagnie Les Méridiens est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Grand Est.
Elle bénéficie du soutien à la résidence artistique et culturelle de la Région Grand-Est avec l’Espace-Rohan relais culturel de Saverne.
La pièce
Sens aborde différentes thématiques sociales parmi lesquelles l’amour, la sexualité, l’altérité, le handicap, l’homosexualité. Elles sont rendues accessibles au public adolescent et adulte par un texte d’une intelligence vive et d’une grande douceur. Les personnages viennent parler au public de leurs histoires d’amour ou d’amitié dans un rapport de proximité qui appelle à la sincérité. Ils décrivent avec simplicité et poésie, comment le lien amoureux leur a permis de s’émanciper du sentiment d’incommunicabilité, d’incompréhension ou d’enfermement. Entre désespoir et vitalité, à travers des situations amoureuses ou amicales, ces pièces nous entraînent sur le chemin secret d’une génération qui cherche sa place et préfère se nicher loin du monde des adultes. Chaque pièce met en jeu un des cinq sens. Les personnages ont entre 15 et 20 ans. Ils sont tous liés les uns
aux autres. Ils se racontent et nous racontent leurs histoires d’amour ou d’amitiés et le sens qu’elles ont pour eux.
YEUX
Phoebé rêve de séduire Tommi, mais tombe sous le charme de Fred, qui ne pourra jamais la voir : il est aveugle.
Extrait :
Phoébé : « Je te trouve excessif dans ta cécité. Inatteignable. Sans défense et infiniment élégant. Je te vois passer en trombe parmi les étoiles à travers l’univers. Puis tomber sur la bordure d’un trottoir. Ta main qui manque toujours ce qu’elle veut saisir. Ta main dans mon circuit sanguin. Ton pied dans le vide entre le train et le quai. Je te vois trébucher dans la nuit. Buter contre des pierres sur le chemin du lac. Glisser sur la voie lactée. Je veux être près de toi. Plus près. Je veux savoir jusqu’où ça va. Derrière tes yeux. »
NEZ
Tommi a tué Karl ; au-delà de la mort, ils évoquent leur amour fatal pour la même fille, Jasmine, asthmatique, qu’ils aimaient dans l’odeur de pain cuit de la boulangerie.
Extrait :
Karl : Tommi a aimé Jasmine. Dès le début. Comme un fou. Il en parlait à tout le monde. A moi aussi. Ses cheveux d’un roux clair et onduleux. Ses yeux brun noisette. Ses sourcils.
Tommi : Une liqueur versée sur son visage.
Karl : Et son corps et ses cheveux.
Tommi : Long et onduleux.
PEAU
Jasmine est amoureuse d’une jeune marginale, Jule : fascinée par la vitesse de sa course et sa peau, tendue sur les os, qu’elle lave jusqu’au sang.
Extrait :
Jule : « J’ai de l’écorce. Une double peau. Ces quelques égratignures. Ce sont des ornements. C’est du travail préparatoire. Tu dois aller plus loin. Là où sont les fils blancs. Il y coule quelque chose. Il y a du jus. Je ne suis pas lasse de vivre. Je suis une orange. J’embrasse le soleil. Je prends de l’arbre doré. Je t’adore. Vie. »
Je te trouve excessif dans ta cécité. Inatteignable. Sans défense et infiniment élégant. Je te vois passer en trombe parmi les étoiles à travers l’univers. Puis tomber sur la bordure d’un trottoir. Ta main qui manque toujours ce qu’elle veut saisir. Ta main dans mon circuit sanguin. Ton pied dans le vide entre le train et le quai. Je te vois trébucher dans la nuit. Buter contre des pierres sur le chemin du lac. Glisser sur la voie lactée. Je veux être près de toi. Plus près. Je veux savoir jusqu’où ça va. Derrière tes yeux.