Maybe#PeutÊtre

Deux pièces de

Daniel Keene
et Luc Tartar

Création

Octobre 2017

Traduction

Séverine Magois

Dates

À venir

Passées

Extraits

Les lire

Distribution

Auteurs : Luc Tartar – Daniel Keene
Traduction : Séverine Magois
Metteur en scène : Laurent Crovella
Jeu : Laure Werckmann / Laurent Robert
Scénographie : Gérard Puel
Construction : Olivier Benoît
Création et régie Vidéo, Son : Philippe Lux
Création et régie Lumières :
Camille Flavignard
Régie Générale : Christophe Lefebvre
Costumes : Mechtild Freyburger
Photos : © Sophie Boss
Couturière : Blandine Gustin
Administration/Production : Bruno Pelagatti
Diffusion : Leonora Lotti

 

Production

Production : Les Méridiens
Coproductions : Comédie de l’Est, Centre
dramatique national d’Alsace, MAC,
Relai culturel de Bischwiller.
Soutiens : DRAC Grand Est
Education artistique et culturelle,
Conseil Départemental du Bas-Rhin, FIJAD –
Fonds d’insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques,
DRAC et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

La pièce

Ce spectacle puise son origine dans la rencontre entre des lycéens, des élèves apprentis (à Bischwiller, Sélestat, Colmar et Mulhouse) et notre équipe artistique. Notre point de départ : la question de l’utopie. Quels sont les rêves de la jeunesse d’aujourd’hui pour demain ?

 

À partir de cette question nous avons mené un vaste projet d’actions culturelles, de rendez-vous en rendez-vous et durant deux années scolaires, les élèves ont écrit, joué, témoigné. C’est en s’inspirant de cette matière que nous avons associé et passé commande d’écriture à deux auteurs : Daniel Keene et Luc Tartar. Luc et Daniel ont subtilement laissé infuser les traces de ces rencontres qu’ils ont poétisées, déplacées et dramatisées pour livrer leur vision de l’utopie.

 

 

Manon & Baptiste, de Daniel Keene

 

Dans sa pièce Manon & Baptiste Daniel Keene brosse le portrait de deux sans domicile fixe qui se retrouvent au petit matin, à l’heure où la ville peine encore à s’éveiller. Ils sont là, côte à côte, installés sur un bout de trottoir exposés et pourtant invisibles. Et c’est au ras du bitume qu’ils rêvent d’un monde où ils pourraient, eux aussi, être au chaud et qui sait voyager…

 

 

#PeutÊtre de Luc Tartar

 

Luc Tartar avec sa pièce #PeutÊtre nous transporte dans le futur. Nous sommes dans la salle de réveil d’un hôpital, une femme s’éveille peu à peu, sous le regard attentif de son chirurgien. On assiste alors au combat de cette femme entre dialogue intérieur, trouble et vision du passé pour mieux revenir au monde des vivants. Un monde où les nouvelles technologies seraient en mesure de soigner les corps, les âmes et permettraient de dialoguer avec des êtres chers qui ont disparu.

#PEUTÊTRE

 

ELLE

Il m’a appris ça. À ouvrir grand les yeux les oreilles la pensée à jeter un regard différent sur les gens sur le monde à changer de point de vue en permanence.

 

LUI

C’était un type bien.

 

ELLE

Un acharné du bonheur. Il y a des gens comme ça. Vous avez un miroir ?

 

LUI

C’est encore un peu tôt.

 

ELLE

Pourquoi pas ? J’aimerais voir ça.

 

LUI

Ça vous va bien. Rassurez-vous. L’opération est réussie.

 

ELLE

Une prouesse technologique ?

 

LUI

On a fait des progrès. Depuis des années. Les greffes de cornée de cellules souches les yeux bioniques et maintenant la greffe de l’iris de la pupille du cristallin autant dire de l’œil entier. Écarquillez s’il vous plaît.

 

 

 

MANON ET BAPTISTE

 

BAPTISTE

On devrait aller vers le sud, faire tout le chemin jusqu’à la mer.

 

MANON

On peut y aller par le train ?

 

BAPTISTE

Oui. Le train, c’est ce qu’il y a de mieux. On pourra regarder par la fenêtre. On aura des sandwiches et du café. J’écouterai
de la musique et je lirai le journal.

 

MANON

Le mouvement du train, le bruit du train, me berceront et je m’endormirai. Je rêverai de la mer. Je me réveillerai de temps en temps et je regarderai défiler la campagne. Je serai bien installée, bien au chaud. Je verrai des villages et des fermes, des champs et des collines, je verrai les nuages.